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Les arracheurs de dents - Page 5

  • Vie factice ?

    La vie factice engendre la pensée factice et la parole mal assurée. Des habitudes saines, des impressions fortes, le contact ordinaire avec la réalité amènent naturellement la parole franche. Le mensonge est un vice d'esclave, le refuge des lâches et des mous. Quiconque est libre et ferme est aussi franc du collier. Encourageons chez nos enfants l'heureuse hardiesse de tout dire sans mâcher leurs paroles! Que fait-on d'ordinaire? On refoule, on nivelle les caractères, en vue de l'uniformité qui pour le grand troupeau est synonyme du bon ton. Penser avec son esprit, sentir avec son cœur, exprimer le vrai moi, quelle inconvenance, quelle rusticité!—Oh! l'atroce éducation que celle qui consiste à perpétuellement étouffer en chacun de nous la seule chose qui lui donne sa raison d'être. De combien de meurtres d'âmes nous nous rendons coupables! Les unes sont assommées à coups de crosse, les autres doucement étouffées entre deux édredons! Tout conspire contre les caractères indépendants. Petit, on désire nous voir comme des images ou des poupées; grands, on nous aime à condition que nous soyons comme tout le monde, des automates: quand on en a vu un, on les connaît tous. C'est pour cela que le manque d'originalité et d'initiative nous a gagnés et que la platitude et la monotonie sont les marques distinctives de notre vie. La vérité nous affranchira: apprenons à nos enfants à être eux-mêmes, à donner leur son, sans fêlure ni sourdine. Faisons-leur de la loyauté un besoin, et dans leurs plus graves manquements, pourvu qu'ils les avouent, comptons-leur comme un mérite d'avoir été méchants à visage découvert.

  • Comment j'ai appris à déguster un vin

    Il y a toujours un moment que j'appréhende au restaurant : c'est lorsqu'il faut commander le vin qui va suivre le mieux avec le menu. Parce que j'en suis tout à fait incapable, en fait. Lorsque je me retrouve avec la carte des vins en main, j'ai un peu l'air d'une poule qui aurait trouvé un tire-bouchon. Mon épouse étant exigeante en la matière, elle a décidé de changer la donne et m'a invité il y a peu à participer à un cours d'oenologie à Marseille. Et si j'y suis allé à reculon, je dois bien admettre que cette dégustation m'a finalement bien plu. D'une part, l'ambiance y était chaleureuse, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je m'attendais à atterrir au milieu de vieux barbons qui prendraient un malin plaisir à employer des termes complexes. Mais en fait, la plupart des participants ne s'y connaissaient pas plus que moi, ce qui fait que les échanges se sont faits sur un pied d'égalité, sans être troublés par de fins palais. Alors bien sûr, au début, j'ai eu pas mal de difficultés à disséquer le vin que je venais de goûter. Mais en fait, c'est une question d'habitude, et ce n'est pas aussi complexe qu'on pourrait le croire. Si on ne devient pas un expert en une soirée, on apprend tout de même beaucoup : quand je vois la différence entre le début et la fin du cours, c'est déjà le jour et la nuit. Mais le mieux lors de cet atelier, c'est quand même qu'on y prend conscience de ses propres goûts. Les vins sont comme des empreintes digitales : aucun n'est identique à un autre. Et dans cette galaxie vinicole, certains nous correspondent bien plus que d'autres. Lors de ce cours, on apprend à identifier quelles sensations qu'on préfère, quel degré de sucre nous plaît vraiment, et cetera. C'est assez magique. Tout cela permet non seulement de se connaître un peu mieux, mais cela permet aussi de ne plus commander un vin au petit bonheur la chance ! :) Je ne regrette vraiment pas d'avoir essayé. Si vous n'avez jamais suivi ce genre de cours, vous devriez essayer au moins une fois. je vous mets en lien vers le prestataire qui organise ce cours d’œnologie.

  • 11 cartouches

    C’est une information étonnante qui est arrivée dans les bras des enquêteurs de Mediapart. Le journal en ligne d’Edwy Plenel révèle que lors de l’élimination du commando de Saint-Denis le 18 novembre 2016, « l’essentiel des tirs essuyés par le groupe d’intervention de la police nationale a été le fait de ses propres hommes ». Le plus étonnant, dans cette information, est que les journalistes de Mediapart ont eu accès à une partie des conclusions des experts balistiques qui ont analysé les décombres et les impacts qui ont frappé l’immeuble (voir photo) où se terraient les terroristes. Chacun sait que trois cadavres ont été retrouvés dans les décombres : deux terroristes, et une femme : « Abdelhamid Abaaoud, le coordonnateur des attentats du 13 novembre, sa cousine Hasna Aït Boulahcen, et Chakib Akrouh, un membre du commando des terrasses ». Mediapart rappelle les mots du ministre de l’Intérieur après la victoire des forces de l’ordre sur les terroristes : ses troupes ont « essuyé le feu pendant de nombreuses heures dans des conditions qu’ils n’avaient jusqu’à présent jamais rencontrées ». Le procureur de la République, François Molins, parlera même de « tirs très nourris et quasi ininterrompus ». Or, et c’est là que le bât blesse, les experts de la police scientifique qui ont passé les lieux au peigne fin, ne « trouvent pas d’autres éléments balistiques attestant du déluge de plomb supposé s’être abattu sur leurs collègues ». Le patron du RAID, lui, donne au Parisien et au Figaro sa version des faits, la version des faits : un premier « échange de tirs [qui] dure entre une demi-heure et trois quarts d’heure », des terroristes qui « lancent des grenades offensives à nos pieds ». Il précise qu’un forcené a été « touché mais continue de riposter à la kalachnikov », que « la femme présente à l’intérieur envoie une longue rafale de tirs et s’ensuit une grande explosion. [...] La femme s’est fait sauter toute seule dans l’appartement », « c’est alors que nous avons vu un corps humain, une tête de femme, passer par la fenêtre et atterrir sur le trottoir ». En fait de tête, c’est celle de l’homme qui a actionné sa ceinture d’explosifs, qui emportera aussi Abaaoud. La femme, elle, mourra asphyxiée. Aucun des trois n’aura été abattu en définitive par une ou plusieurs des 1500 balles tirées par les policiers. Mais on ne retrouvera pas les AK47 (kalachnikov) et les douilles qui auront soi-disant servi à échanger des tirs pendant des heures avec les policiers, qui eux, arroseront en masse l’immeuble, touchant même des voisins. Alors, qui a tiré ? Selon Mediapart, la plupart des tirs reçus par les policiers seraient des tirs dits amis, en langage militaire. Alors, qui a menti, ou qui a changé la réalité, et surtout, pourquoi ?