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Les arracheurs de dents - Page 3

  • May pourrait perdre les élections

    À huit jours des législatives au Royaume-Uni, la première ministre Theresa May a brillé par son absence au grand débat électoral où elle a été critiquée de toutes parts, alors qu'elle traverse déjà une passe difficile. «Un signe de faiblesse», selon Jeremy Corbyn, le leader de l'opposition travailliste. «Un acte de lâcheté extrême», a même glissé la chef des Verts, Caroline Lucas: Mme May a dû avoir les oreilles qui sifflaient lors de ce grand rendez-vous cathodique réunissant les leaders des sept principaux partis. Représentée par sa ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, la première ministre a raté l'occasion de répondre directement aux nombreuses attaques frontales, devant des millions de téléspectateurs branchés sur la BBC. Plus tôt mercredi, Mme May, qui avait prévenu dès l'annonce du scrutin qu'elle ne participerait à aucun débat, a seulement expliqué qu'elle préférait échanger avec des électeurs que «se chamailler avec d'autres leaders de parti». Sans convaincre. «Elle a convoqué ces législatives anticipées pour son propre bénéfice et celui du Parti conservateur et elle est trop effrayée pour débattre avec nous», a persiflé le leader du parti libéral-démocrate, Tim Farron. La séquence tombe à un moment déjà délicat pour Mme May et son parti. Lorsqu'elle a convoquée en avril ce scrutin anticipé, un raz-de-marée était promis aux Tories. Avec vingt points d'avance sur le Labour dans les sondages, ils avaient largement de quoi remplir l'objectif annoncé: muscler leur majorité au Parlement, actuellement de 17 sièges, afin d'avoir les coudées franches pour négocier le Brexit. Mais la campagne a depuis été marquée par plusieurs trous d'air. Il y a eu d'abord la présentation du programme des Tories qui s'est soldée par une polémique, désastreuse en termes d'image, sur un projet controversé de réforme des aides sociales aux personnes âgées. Dans le sillage de ce fiasco, les critiques ont rejailli de plus belle sur les coupes budgétaires imposées par le gouvernement conservateur dans les services publics depuis 2010, le parti europhobe Ukip l'accusant même d'être en partie responsable de l'attentat de Manchester qui a fait 22 morts le 22 mai. Symbole de la tempête essuyée par Mme May: Liar Liar, une chanson l'accusant d'aligner les mensonges, fait un carton depuis cinq jours au Royaume-Uni au point d'être en course pour terminer la semaine en tête des ventes. Ces difficultés se traduisent dans les sondages par un resserrement entre les conservateurs et le Labour. Selon une enquête ITV-Survation publiée mardi, le parti de Mme May (43%) ne dispose plus que de six points d'avance sur le Labour (37%). D'après des projections réalisées par l'institut YouGov et publiées mercredi par le quotidien The Times, les conservateurs pourraient même perdre 20 sièges, tandis que les travaillistes en gagneraient une trentaine. Les conservateurs resteraient certes la première force au Parlement, mais un tel résultat les priverait de la majorité. Le Times prévient toutefois que ces projections, réalisées en l'espace d'une semaine auprès de 50 000 personnes, comportent une «forte marge d'erreur», un autre scénario évoquant par exemple une nette victoire des Tories. À défaut de donner avec certitude le nom du vainqueur, cette enquête souligne à quel point l'écrasante victoire des Tories semble loin d'être acquise et explique, selon certains observateurs, le récent durcissement du ton de Theresa May à l'égard de Jeremy Corbyn. En déplacement à Wolverhampton mardi, Mme May a douté de la capacité de Jeremy Corbyn à affronter les difficiles négociations sur le Brexit, déclarant que s'il devenait Premier ministre, il se retrouverait «tout seul et tout nu dans la salle de négociations de l'Union européenne». L'intéressé a réagi lors d'une conférence de presse à Londres en jugeant ces propos «totalement déplacés», et riposté en accusant Theresa May de vouloir engager un rapport de force avec Bruxelles susceptible de coûter cher au Royaume-Uni.

  • Samsung, leader du smartphone

    Le groupe sud-coréen Samsung est redevenu le premier fabricant mondial de smartphones au premier trimestre 2017. Devant l'américain Apple, mais sous la pression des Chinois. Petit à petit, les affaires rentrent dans l'ordre pour Samsung. Les difficultés rencontrées par le rappel mondial de sa phablette Galaxy Note 7 et un nouveau record des ventes d'iPhone durant les fêtes de fin d'année avaient permis à Apple de prendre temporairement la place de numéro un au dernier trimestre 2016. Mais sur les trois premiers mois de 2017, Samsung a repris la tête en écoulant 79,2 millions de smartphones, s'adjugeant ainsi 22,8% du marché, d'après le cabinet de recherche IDC. Apple émarge pour sa part à 14,9% avec des ventes d'iPhone estimées à 51,6 millions. Les deux leaders du marché ont toutefois vu leurs ventes stagner comparé à un an plus tôt, tandis que les trois fabricants chinois qui se partagent le reste du top 5 affichent des bonds de plus de 20%. Le chinois Huawei confirme notamment sa troisième place mondiale avec 34,2 millions de smartphones vendus, soit une part de marché de 9,8%, suivi par ses compatriotes OPPO et Vivo avec respectivement 7,4% et 5,2% du marché. Toutes marques confondues, les ventes mondiales de smartphones ressortent en petite hausse de 4,3% sur un an, à 347,4 millions d'exemplaires. "De grandes annonces de produits phare, avec le P10 de Huawei et le Galaxy S8 de Samsung, montrent que l'innovation est toujours possible" sur le marché, souligne Ryan Reith, un analyste d'IDC cité dans le communiqué. Les observateurs ont aussi beaucoup d'espoirs pour le prochain modèle d'iPhone, dans lequel Apple devrait mettre le paquet pour marquer le dixième anniversaire du célèbre appareil. Le cabinet estime néanmoins qu'une poignée de fabricants chinois restent "le plus important catalyseur" de croissance, et dit s'attendre à ce que cette dernière provienne surtout à l'avenir de modèles plus abordables.

  • Périple sondagier à Cannes

    C'est un beau jour pour l'Europe. Les Pays-Bas ont montré une nouvelle fois qu'ils avaient à coeur de défendre la démocratie, et le parti de Mark Rutte a finalement conservé une nette avance sur M. Wilders. Cette élection était capitale, car selon certains, elle devait indiquer la température quant à la progression de l'extrême-droite dans l'Union européenne. Et les résultats sont plutôt rassurants. Sauf qu'il est important de les comprendre pour ce qu'ils sont vraiment. Dernièrement, je me suis rendu à Cannes à l'occasion d'un incentive, et cette progression de l'extrémisme en Europe a fait l'objet d'une discussion assez passionnée. Nombre de mes collègues présumaient qu'on ne pouvait rien faire pour arrêter le processus de droitisation. Vu les élections américaines, il leur paraissait inéluctable que cette influence se développe un peu partout. Mais je ne partage pas leur avis : selon moi, le couplet populiste peut se restreindre aux américains et aux anglais, et être encore brisé en Europe. Les élections hollandaises sont passionnantes, car elles disent une nouvelle fois l'incompétence des sondages à discerner dans quelle direction vont aller les événements. Ces derniers pronostiquaient en effet au parti d'extrême-droite un score qu'il n'a jamais vu ariver ! Toutefois, en conclure que ces sondages n'ont plus d'utilité serait à mes yeux manquer un point capital : les pronostics qu'ils ont donnés ont bouleversé les résultats de l'élection ; ils ont incité les électeurs à se déplacer massivement. Les sondages ne se réduisent pas à un baromètre, à mes yeux. La science a prouvé que dans l'univers quantique, le seul fait de mesurer un élément perturbe sa conduite. C'est identique pour la politique : les sondages ont tendance à perturber les suffrages. C'est pour ça que les sondages sont incapables de prévoir l'issue d'une élection : leurs prédictions ont tendance à réveiller la conscience des votants qui n'aiment pas ce qu'on leur annonce, et à les décider à voter. Les sondages ne prédisent donc plus mais ont plus que jamais une importance ! Quoi qu'il en soit, cet incentive à Cannes était topissime. Si vous n'avez jamais eu l'occasion d'y aller, vous devriez. Je vous mets en lien le site de l'agence à laquelle nous avons fait appel, si vous voulez vous faire votre propre opinion.