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  • Un monde rongé par les lobbies

    Si vous lisez régulièrement mes billets, vous avez dû vous rendre compte que je ne porte pas les lobbies dans mon coeur. Et tout récemment, je me suis rendu à Barcelone pour assister à un meeting économique où un des intervenants a tenus un discours très intéressant à leur sujet. Il a en effet expliqué la manière dont les groupes d'influence contrarient le plus souvent la prospérité générale pour préserver leurs propres intérêts. Et comme vous pouvez vous en douter, je partageais pleinement sa position. Les lobbies sont d'après moi la source de nombreux maux dans notre société. Ils se définissent en effet par le fait qu’ils protègent leurs intérêts personnels et non pas ceux de la société dans sa globalité. Chaque fois qu'ils négocient avec l'Etat pour obtenir gain de cause, ils protègent donc les intérêts qui sont les leurs, même si cela porte atteinte à ceux de toute la société. Un problème assez sérieux étant donné qu'ils pèsent souvent de manière exagérée sur les mesures de l'exécutif. Les lobbies sont classiquement bien mieux organisés que la société pour se faire entendre, et leurs réclamations sont de fait plus audibles que celles de la société. Ils parviennent ainsi la plupart du temps à faire accepter leurs revendications personnelles, et ce n'est pas sans poser problème au vu de la multitude de ces groupes de pression : cela va des avocats aux entreprises industrielles en passant par les buralistes. Dès lors que ces groupes ont beaucoup à perdre lors d’un projet politique, ils n’hésitent pas à interpeller les politiques et à faire pression pour bloquer le processus. Alors que la société, moins organisée, n'est pas écoutée dans le débat. Ce qui conduit eEn définitive chaque lobby à obtenir des privilèges... financés par le citoyen lui-même. Parce que bien entendu, ces avantages ne sortent pas d'un chapeau. Ils sont en définitive payés avec l’argent des contribuables. J'ai bien apprécié ce meeting à Barcelone, tant pour ce débat que pour sa programmation. L'agence qui l'a planifié a brillé tout du long, et j'en profite pour la remercier au passage. Chapeau bas ! Davantage d'information est disponible sur le site de l'organisateur de ce séminaire entreprise à Barcelone. Cliquez sur le lien.

  • Non, le niqab n'est pas dans le Coran

    Le port du niqab (visage caché) et du jilbab (visage ouvert) apparaît comme le plus grand succès stratégique des radicaux, car 90% des citoyens français, musulmans et non musulmans, sont maintenant persuadés que cette pratique relève d’une application « au pied de la lettre » de l’islam. Les radicaux ont donc perdu sur le plan juridique - puisque la loi de 2010 interdit toute dissimulation du visage - mais gagné au niveau symbolique. Pourtant, depuis quatorze siècles d’islam, le débat théologique a toujours concerné le port du foulard, jamais celui d’un voile intégral qui cacherait le visage, inexistant dans le Coran. Cette pratique correspond à des traditions ancestrales de quelques tribus isolées en Afghanistan, que seule la fameuse mouvance wahhabite d’Arabie Saoudite a sacralisé ces dernières années. L’islam a donc quatorze siècles et le voile intégral quatre-vingts ans d’existence institutionnelle en Arabie Saoudite (date de l’accès au trône d’Abdelaziz Ibn Saoud en 1924). Le discours de l’islam radical s’est tant banalisé qu’il touche de nombreuses jeunes filles. Toutes ces jeunes filles ne sont pas endoctrinées par l’islam radical mais seul le discours de l’islam radical prône le port du jilbab/niqab. On peut donc poser l’hypothèse que toutes celles qui le portent ont un contact avec ce discours, directement ou indirectement (une amie, un site, un facebook, un exemple…) Celles qui sont suivies par le CPDSI dans le cadre du processus de « remobilisation de l’individu » dans le cadre de ce que l’on pourrait nommer « séances de désendoctrinement/déradicalisation » expriment une sorte de « dépendance jilbabienne », ce qui nous laisse penser qu’il existe une dimension de « disparition du corps/enfermement dans une bulle/effacement ou délimitation des limites corporelles » dans la problématique initiale de ces jeunes filles, qui aide le discours radical à faire autorité sur cet aspect « destruction des contours identitaires ».