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  • L'Iran du futur

    Dernièrement, j'ai assisté à un séminaire économique à Edimbourg où un intervenant tentait de dresser un portrait de ce que serait l'Iran dans quelques années, en 2025. Les propos qu'il tenait étaient très intéressants, car ils mettaient en évidence la mutation considérable qui attend le pays. Ayant connu l’une des baisses du taux de fécondité les plus rapides de l’histoire (de plus de 6 enfants par femme en 1985 à moins de 2 aujourd’hui), la population de l’Iran est vouée, d’ici à 2025, à vivre des changements spectaculaires. Au cours de la décennie à venir, l’excédent démographique d’une jeunesse politiquement instable et très demandeuse d’emplois va largement se résorber, laissant place à une population plus âgée et à des taux de croissance de la population active comparables à ceux des Etats-Unis et de la Chine : près de 1 % par an. Dans ce laps de temps, la population en âge de travailler va s’accroître, ce qui multipliera les opportunités d’épargne, l’augmentation du niveau d’éducation des enfants et, par la suite, le transfert des activités et des emplois vers des secteurs d’activité plus techniques afin de rehausser les niveaux de vie. La capacité de l’Iran à profiter de cet avantage démographique dépend grandement des dirigeants politiques du pays. Deux quasi-certitudes démographiques sont cependant d’ores et déjà perceptibles : d’abord, malgré un taux de fécondité faible, la population iranienne passera de 66 à 77 millions d’habitants d’ici à 2025. Ensuite, à cette date, de nouvelles couches de population jeune seront en croissance, mais parmi elles, les individus de 15 à 24 ans ne constitueront qu’à peine un sixième du groupe de ceux qui sont en âge de travailler, contre un tiers aujourd’hui. Cette évolution a deux conséquences possibles. Elle peut entraîner la résurgence d’une ligne politique révolutionnaire. Ou alors, dans l’Iran plus instruit et plus développé de 2025, les jeunes adultes trouveront plus attirant de faire carrière et de consommer que de participer à des politiques extrémistes. Une seule donnée en tout cas est sûre concernant le futur de l’Iran: sa société sera démographiquement plus mûre que dans le passé et elle sera grandement différente de celle des pays voisins. J'ai bien apprécié cette tentative de prospection, de même que l'organisation globale de ce séminaire à Edimbourg. D'ailleurs, je vous mets en lien l'agence qui s'en est occupée. Ils ont fait un excellent boulot, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce type d'événement.

  • Se faire rembourser par le fisc

    Les non-résidents ayant payé trop d'impôts ont le droit d'en demander le remboursement. Bercy a annoncé la procédure, coupant l'herbe sous le pied aux avocats qui voulaient engager une action collective fort coûteuse pour les particuliers. On le sait, la France va devoir rembourser les non-résidents qui ont payé trop d'impôts. Pourquoi? Parce que l'État a demandé à ceux qui détiennent des biens immobiliers en France de verser 15,5 % de prélèvements sociaux sur leurs revenus fonciers ou leurs plus-values immobilières à partir de 2012. Mais ce n'est pas justifié. C'est ce qu'ont estimé la Cour de justice de l'Union européenne, en février 2015, puis le Conseil d'État, en juillet. En effet, les prélèvements sociaux (CSG, CRDS…), sont considérés comme des cotisations aux régimes sociaux français. Les particuliers qui ne sont pas affiliés à la sécurité sociale française mais le sont dans un autre pays de l'Union européenne n'ont pas à participer à son financement. Mais pour se faire rembourser, il faut le demander. Bercy a indiqué mardi la marche à suivre: déposer la réclamation au service des impôts, ou sur le site impots.gouv.fr, rubrique «Réclamer», ou encore par courrier, avec les justificatifs. Voilà qui devrait couper l'herbe sous le pied de certains avocats, qui ont organisé une action collective contre l'administration fiscale, en facturant au prix fort l'aide apportée aux non-résidents. «Nous avons mis en place action-csgcrds.com, un site dédié à la restitution de la CSG et de la CRDS », explique ainsi Me Assous dans un communiqué précisant que l'inscription est gratuite. L'inscription peut-être, mais c'est tout! Sur le site, il est clairement précisé qu'«en cas de succès une commission forfaitaire de 30 % sera prélevée sur les sommes récupérées». Et les «conseillers en gestion de patrimoine, notaires, banquiers qui permettent à leurs clients de s'inscrire sur le site» peuvent espérer, eux, «une rétrocession» susceptible d'atteindre «10 % des sommes recouvrées»

  • Déterminisme universel

    Si la doctrine de Kant s'arrêtait à ce premier point de vue, qui est le déterminisme intellectualiste, on pourrait se poser cette question:—Faisons-nous nous-mêmes partie de ce déterminisme universel, ou sommes-nous en dehors? Si nous en faisons partie, tout étant nécessaire, tout est réellement inséparable; nous n'avons rien en nous qui puisse réellement se séparer de quoi que ce soit; on ne voit donc plus comment distinguer d'une manière réelle le subjectif de l'objectif: cette distinction n'aura qu'une vérité abstraite, non une réalité concrète. La nécessité, en effet, s'appliquant à tout, ne peut s'opposer à rien, et il n'y a plus réellement qu'un seul être, dans lequel tout est indissoluble. Si nos sensations offrent une apparence de désordre et d'arbitraire, qui fonde la distinction purement formelle du sujet et de l'objet, ce n'est là qu'une apparence, que la réflexion doit détruire; et la réflexion, au lieu de fournir une distinction réelle du moi et du non-moi, finira par la refuser. Dans l'universelle nécessité tout est un au fond, le divers n'est qu'à la surface. Aussi le point de vue du déterminisme intellectualiste, quand il est exclusif, aboutit à un système de choses indissoluble où le moi, le sujet, n'est vraiment qu'une forme. Et l'objet, à son tour, c'est-à-dire le monde de la science, est-il autre chose qu'une forme? Les lois scientifiques sont les rapports des choses dans l'espace et dans le temps; par leur nécessité, elles constituent la vérité logique du monde ou son intelligibilité, mais non sa vivante réalité. Le déterminisme intellectualiste exprime l'ordre dans lequel s'enchaînent tous les anneaux des choses, il peut servir à découvrir les dessins que forme cette chaîne enroulée et nouée de mille manières; mais avec quoi est-elle faite?—Une telle question dépasse le domaine du déterminisme. La nécessité est donc simplement l'ordre logique et mathématique des relations qui unissent les phénomènes dans le temps et dans l'espace. C'est ce que rendra évident une considération plus approfondie de cet ordre nécessaire. Pour mériter vraiment son nom et pour être une véritable unité, l'ordre universel doit être tel que chacun des rapports dont il est l'ensemble puisse être connu par le moyen de tous les autres. En mathématiques, on trouve le quatrième membre d'une proportion par le moyen des trois autres membres donnés. Les rapports des quantités entre elles peuvent être déterminés d'avance par les lois des proportions ou de l'analogie mathématique, et cette analogie est une formule énonçant l'égalité de deux rapports de quantité (par exemple: 2/4 = 3/6). Comme il ne s'agit alors que de quantités, la connaissance de trois termes permet de déduire effectivement le quatrième ou de le construire d'après les règles d'une synthèse mathématique: par exemple l'égalité du rapport de 4 à 8 et du rapport de 3 à x me permet de construire le quatrième terme, 6, d'après la loi de formation des quantités extensives. De même nous pourrions, selon la remarque de Kant, construire et déterminer à priori la quantité intensive de la sensation produite par la lumière solaire, en ajoutant environ deux cent mille fois à elle-même celle de la lune. Le déterminisme universel, lui aussi, au point de vue de la relation, unit toutes choses par un raisonnement analogique; seulement ce genre d'analogie n'énonce plus, comme en mathématiques, l'égalité de deux rapports de quantité, mais celle de deux rapports de qualité, par exemple lumière et chaleur. Dès lors, trois membres étant donnés, je ne puis plus déduire le quatrième membre lui-même, mais seulement un rapport à ce quatrième, savoir un rapport de temps, un mode de liaison et une place dans le temps: par exemple la concomitance entre la lumière d'une bougie et sa chaleur. Seule la sensation peut m'apprendre à posteriori ce que ce quatrième terme est en fait; je ne puis avoir à priori qu'une règle pour le chercher dans l'expérience et un signe auquel on peut le reconnaître. Voilà pour quelle raison la nécessité porte seulement sur les relations et sur les phénomènes, non sur les choses elles-mêmes: on ne saurait montrer à priori pourquoi, une chose A étant posée, par exemple des vibrations sonores, il est nécessaire qu'il en résulte une chose B toute différente en qualité, par exemple la sensation de la note ut, et comment il serait contradictoire que l'effet ne résultât point de la cause, à laquelle il n'est pas identique.